LA ROUTE IMPÉRIALE

 

La route de Figuig à Er Rachidia

Sur la route vers Er Rachidia.

Figuig était une impasse. Il faut faire demi-tour et surtout ne pas voyager l'après-midi vers l’ouest. 370 kilomètres face au soleil, sans arbres, c’est éprouvant et dangereux pour la conduite. Mais superbe dans le rétro.!!

A quelques kilomètres de Figuig commence un long trajet vers Er Rachidia.

Comment vit-on ici ? Je n’ai pas eu le temps de m’arrêter ! Un regret ! Un prochain voyage pour rencontrer les gens qui arrivent à façonner cette ligne verte dans ce paysage minéral écrasé de chaleur.

 

Rich.

C’est surtout la présence de ces trois jeunes garçons qui flânent dans le lit du Ziz qui nous convainc que l’homme peut vivre dans cet univers si minéral où les maisons elles mêmes sont de la nature des monuments rocheux qui les dominent. La ville de Rich est le symbole vivant de cette réussite précaire. Elle n’a pas d’autre beauté particulière que celle de nous dire que le combat continue : rien n’est acquis. C’est sa beauté. Et un hommage à ceux qui la font vivre.

Er Rachidia.

Ce ne sont pas les ombres portées des tours crénelées, mais ces tours à contre-jour, elles s’inscrivent dans la montagne.

Er Rachidia.

Avant de prendre son élan vers la vallée du Ziz, voie impériale, unique moyen de communication. Une seule oasis de cent kilomètres que l’on domine de bout en bout, entaille verte qui sinue dans la roche. Partout ailleurs, les ruelles des oasis sont dissimulées sous les palmes, labyrinthiques dans la poussière, alors que le Ziz fait une véritable démonstration de géographie humaine. On a du mal à détacher son regard de cette avenue qui palpite : attention en conduisant ! Pas de répit jusqu’à Rissani, le ksar « impérial », véritable capitale d’oasis.

 

Autour de la source bleue de Meski

Meski.

La célèbre source bleue sur la rive gauche du Ziz, réputée miraculeuse, bienfaisante en tout cas, un emblème de la région si parcimonieuse en eau. Accueillante autour de son bassin.

Au-dessus de la source bleue de Meski.

Source naturelle Aïn-el-Ati

La Source Aïn-El-Ati est située sur la rive droite du Ziz, à 25 kilomètres au nord de la ville d'Erfoud. Cette source, a été découverte en 1987, elle fait jaillir un jet d'eau qui s’élève sur plusieurs mètres.

 

C’est Merzouga qui résume à elle seule la fascination du grand désert de sable. Montagne de cent soixante mètres seulement, mais qui domine son coin de Sahara car elle mobilise sa poussière d’or sur une surface de trois cents kilomètres carrés : cairn prodigieux qui marque la limite du territoire des hommes. Elle explique aussi pourquoi, de Sijilmassa, ne demeurent que des ruines de dob qui semblent une forêt pétrifiée émergeant du néant. C’était la Babylone des sables, avant le pays des fantômes. Ce n’est plus qu’un souvenir et, à peine, "tu es poussière et tu retourneras en poussière…" Le vent modèle des sculptures précaires qui font tout le charme de ce fragment d’éternité. Si l’eau d’un fleuve ne repasse jamais deux fois au même endroit, les dunes ne sont jamais les mêmes. C’est une masse minérale qu’on peut redécouvrir chaque saison.

Tempête de sable à l'approche d'Erfoud

Rissani.

Le mur du ksar, le plus ancien encore debout du Tafilalet, vraie ville fortifiée, et sa petite porte joliment badigeonnée de bleu ne disent pas ce que fut la splendeur de la cité et son importance politique. Quand Sijilmassa la superbe, étouffée par les sables, perdit son aura, Rissani devint capitale et place forte de la tribu alaouite qui allait devenir dynastie. Comme souvent au Maroc, c’est du désert et de la montagne que jaillissent les forces vives qui redonnent souffle à des empires menacés. Il flotte autour de ces dernières villes de sable un parfum d’autorité, de puissance, qu’il faut savoir humer. Les grands principes de construction cachent bien des différences. Leur histoire le prouve.

Merzouga.

Longtemps oubliée des guides, la dune inspirée est devenue un must, même pour des chefs d’État ou des puissants comme Hillary Clinton qui souhaitent y profiter d’une diffa qui rappelle les fastes des meilleurs films néocoloniaux. Rendez-vous confortable avec l’infini, qui peut devenir l’éternité pour les imprudents qui partent les gourdes vides. Ce n’est pas un échantillon de désert, c’est la pointe la plus occidentale du grand désert.

Une forme étrange de vingt kilomètres sur dix quand on la voit du ciel, remodelée par les vents, fourmilière pour des insectes à deux pattes qui vont le soir rejoindre des hôtels confortables. Ensuite, des regs, gisements de caillasses, un « lac » presque toujours asséché, morte lagune mouillée tous les quinze ans, et six mille kilomètres de vide jusqu’à la vallée du Nil. C’est ce que nous dit Merzouga, autre sentinelle.

Campement à Merzouga

 

Tinerhir

 

Tinerhir

Tineghir vit entre deux mondes, le Ziz et le Tafilalt. Placée ici, aux marges de la route Impériale. C’est une porte, un port, un carrefour dans un terroir où le moindre grain d’orge demande beaucoup d’effort. Où la perte d’une chèvre met à mal l’économie d’un ménage. Un danger permanent de pénurie qui contraste avec la splendeur du site : l’Atlas et ses surprises, le damier vivant des champs, la profusion des arbres. D’une nature opposée à celle de Boumalne, engoncée dans sa vallée comme dans un nid, Tineghir me paraît une sentinelle. Qui voit loin. Qu’on aperçoit de loin. Et qui tient encore plus que ce qu’elle a promis. Un coup de coeur pour Tineghir ? C’est dit !

Tineghir.

Le coeur de la palmeraie, ces « ruelles » de sable fin qui laissent le maximum de place aux cultures. En fin de journée, ces deux gamins rentrent des branchages.

Les gorges du Todra

 

Todghra.

Le fleuve dont il ne reste que les gorges cisaillant une nature taillée à la hache. Une étape obligée, déjà fameuse. Ce berger déplace son maigre troupeau vers des « pâturages » inaccessibles aux voitures. Un moment rare.

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