MAROC ATLANTIQUE

La route de Tanger à Agadir

Il existe un Maroc presque inconnu qui s’étend sans discontinuer de Tanger à Agadir. On a tellement l’habitude d’isoler les capitales, Rabat, Casablanca, voire Essaouira, qu’on risque d’occulter cet espace qui offre sur plus de huit cent cinquante kilomètres à vol de mouette, des plages et des ports, des estuaires et des kasbah, proposant une vie de marin authentique, qu’illumine chaque soir le soleil couchant qui colorise l’océan. Un exemple : le fameux « rayon vert », si rare, c’est à Kenitra et nulle part ailleurs… il suffit de l’attendre quelques heures, au bord des grèves immenses dans l’air frais du crépuscule…

 

Tanger

Tanger, la plus antique ville du Maroc, puisqu’elle a été fondée par les boutiquiers phéniciens il y a plus de vingt-cinq siècles, est résolument atlantique même si elle est la porte de la Méditerranée. En face, Gibraltar n’est qu’une forteresse. Tout commence à Tanger et le périple se termine évidemment à Agadir, capitale de la douceur de vivre. Les deux villes connaissent un développement extraordinaire, quasi symétrique.

Tanger a été la station balnéaire et « ludique » des Britanniques qui s’enquiquinaient ferme sur leur rocher blindé.

Cela a beaucoup fait pour sa notoriété sinon pour sa réputation.

Tanger, bateau.

Un éclair exceptionnel après une journée maussade et sa météo glaireuse, l’ennemie du photographe.

Je faisais des repérages, désespérant de trouver un bateau qui rappelle les années trente, celles de Paul Bowles. Un cargo pour film noir et blanc et dont on doit se demander s’il est capable de traverser les mers. Soudain, vers 19 heures, alors que je rentrais, une giclée de soleil éclaire cette muraille d’acier. Cabossée, fripée, gondolée, soudain magnifiée par ce coup de projecteur géant.

Petit cadeau supplémentaire, un petit homme à chapeau mou perché dans les superstructures, comme un décor de bande dessinée. Et, dans l’axe, un minaret qui nous rappelle que nous ne sommes pas dans un film de science-fiction, mais bien à Tanger, port entre deux mondes. C’était un vrai bateau dont je ne veux rien savoir, sinon qu’il a vraiment levé l’ancre deux heures plus tard pour se perdre dans la houle. Et vogue l’illusion.

Tanger

Tanger fut un carrefour diplomatique pour les « légations » des puissances occidentales qui lorgnaient sur un marché supposé juteux. Ville au fantasme encore accentué par la zone internationale qui en faisait un idéal « nid d’espions » dont témoignent des dizaines de films. Le vrai Tanger échappait aux regards. C’est un carrefour économique entre trois mondes, l’Afrique, l’Europe, l’Amérique, ce qui en fait une position exceptionnelle. Mais on y arrive pour embarquer, on débarque pour y rentrer, c’est tout? Non. Le malentendu se dissipe vite dès qu’on la considère pour ce qu’elle est, une capitale du Nord en pleine mutation, aux infinis décors. Et un splendide point de départ pour cette (re)découverte du Maroc atlantique.

Le Palais Mendoub, Musée Forbes de Tanger qui a été créé par Malcolm Forbes, milliardaire américain éditeur du magazine Forbes.

Tanger.

La baie, vue de la terrasse de la casa Velasco, exemple typique de ces belles maisons construites pour des notables étrangers quand la ville était « internationale » et qui attire encore tant de VIP.

Tanger.

Le phare du cap Spartel

Peu de points de repère, c’est vrai, la ligne de côtes paraît monolithique, à peine égratignée par quelques caps qui ne la scandent pas. Ce sont les estuaires qui la nourrissent et la dessinent. Car ces débouchés de fleuve sont tous gardés par des villes qui motivent le périple. À commencer par Asilah endormie dans sa blanche ceinture de remparts, improbable bulle de sérénité. Moulay Bousselham est un bonheur quasi tropical tout à fait inattendu, avec ses eaux tiédies derrière la barrière de sable.

 

Asilah

Asilah.

Un joyau qui a retrouvé toute sa beauté et fait « peau neuve ». Désormais connu pour son festival, mais pas seulement.

Asilah.

Sur les remparts

 

Salé et Rabat.

Rabat, sur les rives du Bou Regreg, est resplendissante, élégante, fascinante. Les siècles s’y superposent pour offrir un présent réjouissant

Salé et Rabat.

Le cimetière de Salé

Rabat.

Les Oudaïas ; vue de la grève du Bou Regreg, la capitale impériale, fondée par les almoravides, a des allures d’île mystérieuse, émergeant au petit matin de son miroir d’eau.

Rabat.

L’entrée des Oudaïas à l’heure exquise où la chaleur s’apaise, les femmes se retrouvent ; les informations s’échangent, c’est un haut lieu de vie sociale depuis des siècles.

Rabat.

La garde veille devant la porte du Mausolée Mohammed V qui domine l’estuaire du Bou Regreg, face à la tour Hassan.

Rabat.

Le serment d’allégeance le jour de la fête du Trône au palais royal.

Rabat.

La garde royale pendant la fête du trône.

Rabat.

Les grands commis d'état et dignitaires.

Rabat.

La prière pendant la fête du trône.

Rabat.

En dépit des deux ponts, les passeurs traversent le Bou Regreg toute la journée pour amener les habitants de Salé dans la capitale, et puis les ramener. Le flux est incessant. C’est une navette indispensable pour la vie quotidienne et un régal pour les yeux de celui qui se lève tôt.

Rabat.

Les passeurs traversent le Bou Regreg

Rabat.

Quelques femmes en visite devant le mausolée"e de Mohamed V

Rabat.

Une image inattendue : cette jeune femme attend devant l’entrée du Mausolée Mohammed V

Rabat.

Marchand d'épices 

Rabat.

Boucher dans les souks

Rabat.

Marchand de légumes

Rabat.

Sortie du souk

 

© 2019 by Jacques Bravo