SÉSAME POUR LE DÉSERT

 

Portes du Dadès.

Au sens propre : la route, millénaire, se moque de ces bornes que seul le temps effacera. Elles sont posées comme un décor improbable mais elles annoncent de stupéfiantes beautés.

Vallée du Dadès.

Devenue un rendez-vous incontournable, elle connaît un bref printemps radieux, entre deux saisons où elle apparaît comme une beauté hiératique : hiver, été.

 

Boumalne et la vallée du Dadès, au printemps, quand les neiges commencent à fondre. Il résume et symbolise la grandeur et la beauté renouvelée du Maroc.

Boumalne du Dadès, une ville nichée dans sa vallée, c’est aussi un carrefour et un marché important.

Gorge du Dadès.

On y voit les plus belles maisons-fortes des vallées pré-sahariennes. Celle-ci, sur son nid d’aigle, est emblématique:  visible de partout, mais pourtant inaccessible, heureusement…

Vallée du Dadès.

Devenue un rendez-vous incontournable, elle connaît un bref printemps radieux, entre deux saisons où elle apparaît comme une beauté hiératique : hiver, été.

Impossible de résister à cette merveille, la perle du Dadès, dont toutes les maisons, pourtant, sont exceptionnelles. Faute d’être le premier, je continue à la scruter sous tous ses angles. Comme une sculpture, il faut en faire le tour. C’est une démonstration éblouissante d’un art de construire qui était strictement quotidien, ordinaire. Résidence et grenier d’une famille.

Gorge du Dadès.

Le chemin d’accès à la maison forte est parfait pour sélectionner la qualité de ses visiteurs. Un petit groupe de familles y vit, travaille, maintient la présence de l’homme dans un univers apparemment peu fait pour lui.

Gorges du Dadès.

Même quand l’eau est invisible, elle est partout, née du Haut-Atlas qui transforme ce désert en jardin.

 

La fête des roses

Dans ce cadre, c’est El-Kelaa des Mgouna, le pays des roses depuis mille ans, devenues une spécialité recherchée par les grands parfumeurs.

La province vit de ses pétales nacrés et soyeux, cueillis à la main, toujours au petit matin.

El Kelaa.

Des pétales de roses par dizaines de millions, un trésor…de patience ! C’est un exemple parfait d’une adaptation à des besoins nouveaux, qui permettent à des agriculteurs horticulteurs de vivre du produit de leur travail.

El Kelaa.

La récolte des roses est assurée, il faut ventiler les précieux pétales pour qu’ils gardent leur parfum.

Vallée des roses, au sens le plus parfumé. Comment un moyen de protection du troupeau devient un spectacle captivant dans une région où, pourtant, tout séduit le regard. Le M’goun le dit avec ses roses. L’histoire est tellement belle qu’elle est sûrement vraie. Des pèlerins reviennent de La Mecque, ils passent par Damas la belle capitale et sont fascinés par ses célèbres jardins parfumés. Ils ne peuvent emporter que des boutures de rosier qui vont prospérer sur les flancs de la montagne. Les rosiers entrelacés constituent une muraille aussi efficace que les traditionnels épineux, et tellement plus parfumée. L’abri est devenu une agro-industrie qui mobilise des milliers de personnes sur 295 000 hectares. Surface qui donnerait en linéaire un ruban rouge de 3 150 km, soit la distance de Paris à El Layoun. Il faut dix tonnes de pétales pour obtenir 2,3 litres d’essence de rose.

L’enfant et les roses émergeant d’un champ d’orge. 

La fleur parfumée est le blason du Dadès.

Troupe de danseuses qui hésite encore sur des étoffes avant de rentrer dans la danse, l’ahouach. Elles sont la couleur de cet univers souvent monochrome.

L’élégance des tighremts, les maisons fortes, dont les générations se succèdent, elles ne se « réparent » pas.

Une fois passé le jardin parfumé de quelques dizaines de milliers d’hectares, Skoura éparpille quelques-unes des plus belles maisons fortes du Maroc dans une palmeraie éclairée. Conquête relativement récente de l’homme, puisqu’elle date des années 1700, quand des nomades ont décidé de s’installer et de se protéger. Pour un fils du désert, cette eau fraîche qui coule toute l’année est une bénédiction. Les châtelets de Skoura, si proches de ceux du Dadès, sont pourtant totalement différents.

Deux mondes voisinent mais ne se mélangent pas. C’est un archipel de pisé aux formes puissantes dans une mer de palmes.

© 2019 by Jacques Bravo