Indonésie : Expédition en Terres Oubliées de la Fondation Iris

 

ÉPISODE 12

DANS LEQUEL ON SE RETROUVE FACE À UNE TRIBU SUR LE PIED DE GUERRE

Carnet de voyage du photographe Jacques Bravo dans les peties iles de la sonde en Indonésie. Ile d'Alor

1 Août 2015

Au petit matin nous nous enfonçons dans l’étonnant chenal menant à Kalabahi. Nous glissons sur l’eau ultra calme le long de l’île d’Alor pour atteindre le port de Kalabahi. De curieuses structures triangulaires posées sur l’eau servent à la pêche au lamparo statique. Un aigle marin et quelques sternes volent rapidement au dessus de nous. De chaque coté du chenal les îles sont habitées.

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À l’arrivée dans le port, les locaux sur le quai nous regardent finir notre petit déjeuner : cette fois les rôles sont inversés.

Nous allons au marché. Nous cherchons du poisson frais pour les sushis. On trouve de jolis harengs et du marlin. Agus trouvera plus tard du thon qu’il préparera en marinade avec de la mangue verte et du jus de citron. La guide local me parle d’une salade traditionnelle intéressante: fleurs de papaye, fleurs de bananier, papaye verte, feuilles de manioc. Agus achète les ingrédients et il nous fera cette salade “bizarre”, la deuxième du genre, après la salade d’algues.

Le marché est riche en légumes et en fruits mais beaucoup moins en poisson. D’ailleurs hier soir il n’y avait aucun poisson pêché par les 10 pêcheurs dans la rade de Pantar! Où sont donc passés les poissons?

 

La ville est assez grande. Nous prenons, avec nos guides locaux, un mini-bus une petite demi-heure pour aller au village de Takpala, type “heritage village” de l’ethnie Abui. Les maisons traditionnelles sont belles, en bois assemblé avec des chevilles et des cordes ; de grands toits très pentus et couvrants sont faits d’herbe Alang-Alang. Cinq familles vivent encore là, et montrent aux touristes leur mode de vie. Les autres vivent dans les villages alentour mais ils reviennent tous pour les fêtes traditionnelles et ils se rassemblent là pour manger et danser. Il y a deux petites maisons spéciales qui portent des drapeaux pour les fêtes : drapeau noir pour la nourriture musulmane, sans porc, l’autre au drapeau blanc pour les chrétiens, car tout le monde est convié aux fêtes traditionnelles.

 

L’origine animiste est commune à tous! Il paraît qu’il y a aujourd’hui 70% de chrétiens sur l’île et 30% de musulmans, il semble plutôt à nos yeux que ce serait 50/50.

Les grandes maisons sur pilotis comportent quatre niveaux. Le premier niveau, ouvert, est le lieu de vie en commun où nous sommes reçus. Un second niveau, sous le toit, est celui de la cuisine et de la vie en commun lors des moussons. Un troisième est le grenier à grain, et un quatrième ou le tambour Moko en bronze ainsi que des grandes cymbales sont conservées.

Les instruments de musique sont importants pour les fêtes et très précieux. En effet un Moko est la dot indispensable pour le mariage des jeunes filles.

 

Trois classes sociales sont définies de manière héréditaire : la classe des rois, celle des guerriers, et celle des médiateurs. L’un d’eux nous fait une magnifique démonstration en tenue de guerrier avec son arc, son bouclier et ses flèches. Chaque flèche est destinée à une proie particulière : daim, cochon, ou même homme. 100 ans plus tôt, les clans se faisaient encore la guerre. Aujourd’hui ils pratiquent la chasse à l’arc.

 

Il y a des femmes qui vendent des petits paniers, des petits bijoux, des ikats... L’une d’entre elles écrasent des baies de café au mortier.

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© 2019 by Jacques Bravo