Indonésie : Expédition en Terres Oubliées de la Fondation Iris

 

ÉPISODE 2

 OÙ LES CONDITIONS MÉTÉO RETIENNENT LA VALEUREUSE ÉQUIPE

DE LA FONDATION IRIS SUR L’ÎLE DE SUMBAWA

Carnet de voyage du photographe Jacques Bravo dans les peties iles de la sonde en Indonésie. Ile de Sumbawa

14 Juillet 2015 

Le bateau n’obtient pas l’autorisation de la capitainerie de quitter la baie ce matin, car la mer est très forte au large. Qu’à cela ne tienne, ce sera l’occasion de découvrir l’île de Sumbawa. Après un copieux petit déjeuner pris sur le bateau, nous prenons la navette pour rejoindre le village de Lamere dans la petite rade où nous sommes à l’abri.

Le village de Lamere, sur l’île de Sumbawa

Des petits chantiers navals traditionnels ombragés par des feuilles de cocotier où travaillent des artisans par groupes de deux ou trois s’égrènent sur le port. Tout est en bois, rien en métal. Quelques scies et perceuses électriques à main, et de simples marteaux et couteaux à bois permettent d’obtenir de belles planches de 3 cm d’épaisseur au moins. Nous n’avons pas vu le système de cintrage. Les planches sont assemblées par des chevilles d’un bois rouge qui gonfle dans l’eau et qui a aussi des propriétés médicinales agissant sur les reins nous dit Agus, notre guide. Entre chaque planche sont placées des lames d’écorce fine et liégeuse pour l’étanchéité. Par la suite les fentes sont encore calfeutrées par de la poudre de bambou ou de la laine.

Partout des enfants éclatent de rire et des familles entières sont sur le pas de leur porte. Tout les habitants sont heureux de nous voir et de se faire prendre en photo, nous avons une belle escorte, des enfants, des chèvres, des coqs,...

On retrouve l’atmosphère de nos villages d’antan, où la vie se retrouve transportée dans la rue...

Les maisons sont en bois, sur pilotis, terre battue au sol. Toutes sortes de détritus jonchent le sol. Il y a une antenne parabolique devant la plupart des maisons et le téléphone portable est omniprésent... curieux contraste avec cette vie simple.

L’instituteur nous invite dans sa maison, il nous apprend qu’il y a 500 enfants dans le village.

L’après-midi Agus trouve trois taxis qui nous permettent d’aller vers la plage d’Oicaba et le village de Wera plus au nord.

En chemin nous ne rencontrons que peu de grands arbres, seuls de grands tamariniers subsistent ainsi que quelques manguiers dans les villages. Dans les alentours : des Acacia épineux, des Jatropha gossypiifolia, des Calotropis gigantea, de nombreux Lantana envahissants, des Ziziphus (jujubiers), quelques Pandanus odoratus, mais la diversité est pauvre. Les cultures sont essentiellement du maïs en mélange avec de l’arachide ou des rizières recyclées en culture d’arachides ou d’échalotes en saison sèche, et quelques bananiers.

Il existe des arbres largement utilisés comme barrière et comme fourrage, coupés et torturés ainsi dans tous les sens. Ils ne fleurissent ni ne fructifient, de quelle espèce sont-ils? Énigme que nous ne résoudrons pas.

Plus loin dans la campagne, nous nous arrêtons à une briqueterie artisanale, où des jeunes filles nous montrent le processus de fabrication dans la bonne humeur générale.

À Oicaba nous découvrons une plage de sable noir avec de beaux rouleaux, dans lesquels nous nous jetons avec plaisir. Agathe trouve un gros tétraodon (poisson boule) mort dont elle récupère les dents. Dans les rochers il y a une source naturelle d’eau chaude pour se rincer.

La lumière du soir est déjà là quand nous arrivons au village de Wera. Sur la plage se trouve un chantier naval traditionnel absolument remarquable. Une proue de bateau en construction nous attire, sous un toit de palme. Seul le fond du bateau est construit, il semble abandonné, il a une très belle ligne courbe, il fait 40 mètres de long. Agus nous dit qu’il faut deux ans pour construire un bateau comme celui-ci. Il s’agit d’un cargo.

Les enfants jouent et rêvent de traversée...

Et les ados en mob crânent sur la jetée...

Plus loin dans le village, en bordure de plage, une femme tisse des étoffes. On entend le claquement du métier à tisser. On finit par lui acheter plusieurs « Songket », tissus de couleurs quadrillés, généralement portés autour de la taille. Les nouvelles vont vite, en cinq minutes d’autres femmes arrivent avec leurs marchandises...

livre au premier matin du monde
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© 2019 by Jacques Bravo